Point de vue reccueilli par le magazine TERRA

A l’occasion du Space 2007, le magazine agricole Breton Terra (Terragricoles de Bretagne) a consacré le dossier hebdomadaire de son numéro du 14 septembre au thème “Bretagne, Europe, et agriculture”. Ce numéro de Terra a été diffusé dès le jeudi 13 septembre sur le Space, et le lendemain à tous les abonnés des quatre départements bretons.

Le choix de ces thèmes était bien sûr lié à l’actualité Bretonne du moment, notamment celle du contentieux bassins versants, mais aussi aux nouvelles réalités du marché des matières premières agricoles et des biocarburants. Sans oublier quelques échéances, la présidence française de l’UE en 2008, la révision de la PAC ou encore les négociations à l’OMC, qui sont autant d’éléments susceptibles de modifier le paysage agricole Européen…et Breton.

A l’occasion de ce numéro, La rédaction de Terra a souhaité ouvrir ses colonnes aux points de vue de quelques grands acteurs du monde agricole, agroalimentaire mais aussi politique de l’Ouest, auxquels il ont proposé de répondre à la même série de 4 questions.

Les différentes personnalités sollicitées :

.Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne,

.Alain Even, président du conseil économique et social de Bretagne,

.Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne

.Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA et du Copa,

.Jean-Marie Gabillaud, président de Coop de France Ouest

->.Paul Hascoet, président de la Fédération Bretonne de l’agriculture biologique (FRAB) <-

.Michel Houdebine, président de Valorial

.Catherine Laroche, économiste à l’agrocampus de Rennes, Inra

.François Goulard, député UMP du Morbihan, et membre de la commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire de l’Assemblée Nationale

.Jean Gaubert, député PS des Cotes d’Armor, et membre de la commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire de l’Assemblée Nationale

La vision Bio

Questions TERRA Réponses des bio de Bretagne
par la voix de leur Président
Paul HASCÖET
1. La Pac évoluera. Quelles priorités fixez-vous à cette évolution pour que la Bretagne préserve son potentiel agricole et agroalimentaire? Le potentiel agricole d’une région dépend d’abord de ses sols. Ainsi, l’avenir de l’agriculture bretonne est conditionné à des pratiques maintenant la fertilité des sols : rotation des cultures, surfaces en prairie, équilibre entre productions animale et végétale notamment. L’Europe doit encourager de telles pratiques, reconnaître et soutenir les paysans qui les appliquent.
Avec ou sans la PAC, la Bretagne ne pourra de toutes façons pas maintenir une telle concentration animale. Mais une agriculture plus autonome lui permettra de maintenir la valeur ajoutée.
2. Sur fond de consultation élargie dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’application de la réglementation environnementale se fait elle-même de plus en plus rigoureuse, plaçant la Bretagne dans une situation très délicate, comme on peut l’observer dans plusieurs bassins versants. La spécificité productions animales de l’Ouest n’est-elle pas remise en question? La directive Nitrate a trente ans, le contexte n’est donc pas nouveau ! Une situation d’excédent structurel n’est pas tenable, il faudra nécessairement retrouver un équilibre entre productions animales et végétales.
Néanmoins la Bretagne conserve un bon potentiel pour l’élevage, mais les modes de production doivent changer. Soyons clair : il est tout à fait possible de respecter des plafonds de 160 ou 140 UN/ha. Les agriculteurs bio, notamment, en font la démonstration, en alliant productivité, qualité des produits, environnement et efficacité économique.
3. Les productions agricoles non alimentaires sont régulièrement avancées comme autant de solutions d’avenir. La Bretagne peut-elle être concernée? L’agriculture doit conserver sa vocation alimentaire. A petite échelle toutefois, les cultures non alimentaires sont envisageables, notamment pour rechercher l’autonomie énergétique sur la ferme.
Plutôt qu’un développement massif des agro-carburants, mieux vaut miser sur des économies d’énergie à la production (chauffage, traction, engrais, …) : la contribution de l’agriculture au réchauffement climatique sera diminuée d’autant, et les agriculteurs y gagneront en réduisant leurs charges. Là encore, des solutions existent, puisque par exemple l’agriculture bio consomme en moyenne 30% d’énergie en moins à production équivalente.
4. Les prix des matières premières d’origine agricoles semblent s’orienter durablement à la hausse, laissant penser que les arbitrages internationaux visant à réguler les marchés et à limiter les effets de distorsions de concurrence n’auraient plus un caractère prioritaire. Faut-il penser qu’il n’y a plus besoin d’accord à l’OMC sur les questions agricoles? 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Autant souffrent de surpoids. La hausse des cours ne va pas forcément changer la donne. La question qui se pose est celle de la répartition des biens alimentaires, de la qualité de l’alimentation, et de la capacité des peuples à se nourrir correctement.
L’OMC a un rôle important à jouer à ce niveau-là, pour préserver des agricultures locales respectueuses de l’environnement de la spéculation mondiale.
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public/agrobio35/position_frab.txt · Dernière modification: 2007/10/05 10:30 par yann.jaffre
 
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